Racontes moi qui tu es : Karine

Bonjour à toutes,

Je me présente,

Karine, 40 ans en confinement, mariée, une ado, un chien et un chat.

J’habite à coté de Paris, et je travaille dans la mode depuis toujours. Certainement déjà dans le ventre de ma mère !


Le cancer du sein est une histoire de famille, ma grand-mère, ma mère et moi. A chaque fois avec 10 ans d’avance. Aucune mutation génétique n’a été à ce jour détectée.

Mon cancer du sein m’a été annoncé le 7 Janvier 2020.

Faisant des mammographies depuis mes 27 ans, il a été détecté lors de mes examens annuels.


Mon monde s’est écroulé, j’entends encore mon médecin me dire « Karine, tu vas devoir être forte et te battre » A ce moment-là, j’avais juste une question « pourrais-je continuer à courir ? » Car oui je suis semi-marathonienne, je fais attention à mon alimentation, je ne fume pas, je ne bois pas d’alcool.


Il y a eu le rejet, faire face, ne rien montrer, continuer, avancer comme si de rien n’était.

Après il y a eu la colère, révoltée par cette injustice, d’incompréhension.

Je suis suivie à l’institut Curie St Cloud, y compris un suivi psychologique à l’hôpital, ce dernier m’a permis de m’ouvrir aux autres et de parler de la maladie.

J’ai été opérée le 5 février d’une tumorectomie avec chirurgie conservatrice, et 3 ganglions sentinelles ont été retirés

Les résultats d’anapath ont confirmé un cancer de grade 1 non agressif, il ne m’est pas prescrit de chimiothérapie mais 28 séances de radiothérapie, suivies de 5 années d’hormonothérapie.


J’ai eu peu de temps pour reprendre une « vie normale », le confinement est arrivé.

Les premiers jours confinée ont été compliqués physiquement et psychiquement pour moi. J’étais démunie, impossible de me concentrer, de réfléchir, j’étais perdue, plus aucun repaire. J’étais paralysée, et inefficace. Habituellement, je vis à 100 à l’heure, et j’aime ça, jamais le temps, (une vraie Parisienne !) entre le travail, la famille, les transports, le sport, les amis, les sorties, les expos. L’adrénaline c’est mon quotidien.


L’acceptation de ma maladie s’est faite grâce à la Kommunauté.

La Kommunauté est composée de Femmes toutes unies par la maladie. Je me suis abonnée au fur et à mesure à leur profil sur Instagram, en lisant leurs parutions, des nuits à pleurer, à angoisser, et puis à sourire, et à vouloir manger la vie coûte que coûte.

Je décide alors de participer, d’être utile et de rentrer concrètement dans la Kommunauté, pour Elles, pour moi.


Je commence par confectionner des masques, au début pour ma famille, élargit à ces femmes que j’admire.

A ce jour, les commandes continuent. J’essaie avec ma modeste contribution d’ être présente et à œuvrer pour ELLES . #gangmasqué

Le confinement rajouté à la maladie nous atteint moralement. Le risque d’être contaminées alors que nos vies sont déjà fragilisées, les enfants à s’occuper alors que nous sommes épuisées. Être en famille H24 alors que de temps en temps nous aimerions être seule pour pleurer.


Alors je propose des défis mode tous les 3 jours, afin de rester Femme autours de thèmes ludiques : #fashioninconfinement est lancé : Masculin féminin, Rock, la vie en rose, mets des paillettes dans ta vie… Il y a de plus en plus de Femmes qui participent, c’est une émulation collective incroyable. Elles se mettent en scène, sont magnifiques, féminines, sexy. Elles reprennent confiance en Elles pour certaines. Prendre soin de soi est extrêmement important quand la féminité est mise à mal.


SE sentir pleinement vivante est ce qui nous anime au quotidien. Garder le sourire, le mental, c’est notre leitmotiv.


J’ai souhaité mettre ces merveilleuses femmes en avant. Avec « #racontemoiquituEs », chaque jour je diffuse un portrait. Elles mettent par écrit leur parcours, leur univers et leurs combats. Pour certaines c’était la première fois qu’elles en parlaient.


Cela a été très dur, avec beaucoup de larmes versées mais libératrices. Chaque récit est accompagné de commentaires d’encouragements, avec toujours beaucoup de bienveillances. Elles se trouvent des points communs, apprennent à se connaitre, et se crées de nouveaux liens.


Je souhaitais qu’elles se sentent « Reines », qu’elles soient fières, que nous ne sentions pas seules face à la maladie, nos angoisses, nos peurs. Et surtout que nous ne soyons pas confinées dans nos têtes.


Nous réalisons aussi des vidéos, autours de défis chaque semaine, des mises en scène, des danses, des plans qui nous relient, des conférences…


Nous créons des souvenirs, nous sommes une famille, nous sommes solidaires, nous sommes ensemble, nous sommes LA VIE.

Karine

#modemoizelparis #racontemoiquitues